Qu’est ce que la norme ? Pourquoi diffère-t-elle d’un individu à l’autre ? Chacun d’entre nous possède son propre système de valeur, ses propres normes. Il serait prétentieux de se figurer que nous contrôlons nos normes : elles nous sont imposées depuis l’enfance, par nos parents, l’école, la publicité, le milieu dans lequel nous évoluons… Notre point de vue sur la vie et sur nos comportements dépend directement de ces normes. Ainsi « nous ne voyons pas le monde tel qu’il est, mais (…) tel que nous sommes conditionnés à le voir » (Stephen R.COVEY, Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent). Nous regardons le monde au travers de lunettes uniques et personnelles qui déforment la réalité et influencent notre perception. Lorsque nous percevons que notre comportement n’a pas été conforme à notre système de valeur, on culpabilise. Mais puisque nos normes dépendent de notre vécu, comment les modifier ?

Prendre conscience que notre réalité n’est pas LA réalité est un premier pas indispensable qui permet généralement de relativiser les évènements. Lorsque que nous commettons une « erreur », on peut se sentir coupable et parfois s’en punir : ce serait le cas d’une personne au régime qui, ayant craqué lors du réveillon de Noël, se culpabiliserait et s’infligerait en punition (inconsciemment) des crises de boulimie. La réaction positive serait plutôt : « j’ai craqué, mais j’ai le droit de craquer, ce n’est pas une catastrophe. L’essentiel est que je n’abandonne pas. » Maurice Larocque va plus loin. Pour lui, « nos erreurs sont de merveilleuses opportunités de s’améliorer ». Il explique qu’on ne peut pas éviter la culpabilité, qui est une émotion automatique. Mais on peut au contraire s’enrichir de nos erreurs : « pourquoi ai-je craqué ? ». Analyser ses comportements, ses « erreurs », est une source d’enrichissement permanent. D’ailleurs on peut tout à fait apprendre à se déculpabiliser, il s’agit de se répéter une phrase judicieusement choisie : « J’ai le droit de craquer et je profite de mon erreur pour m’améliorer ». Il faut la répéter maintes et maintes fois, voir l’écrire, pour qu’elle devienne un automatisme. Plus tard, devant une situation similaire, la réaction automatique ne sera plus la culpabilité, mais le sentiment d’être plus fort. Alors que la culpabilité est un frein, le fait d’accepter ses erreurs permet d’avancer.

Rien ne sert de se culpabiliser après être tombé : celui qui n’est jamais tombé ne saura jamais vraiment ce que c’est que de tenir debout.

*Maigrir par le contrôle de la motivation, Maurice Larocque, Ed.Harmoxel
www.harmoxel.fr

*Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent, Stephen R.COVEY, Ed.Broché